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MADAGASCAR
Nosy-Be, my love |
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Photos : Stéphane DUCANDAS
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Ce que je sais du monde . Il est bleu, gris, argent ; les couleurs de l'acier, ses bruits et son goà»t.
Une ville est cinglante, froide en hiver, fraÎche au printemps, puis elle fond en été et se consume enfin à l'automne, o๠l'on y grille des marrons près des bouches de métro. Une nuit est toujours violette.
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Ce que je sais de là -bas. On y marche pieds nus sur la terre et il y règne sûrement, nuit et jour, mois après mois, la même odeur suffocante d’épices, de saleté et de chaleur mêlées.
Ce que je sais de moi. Ni la poussière ni l’été ni le sein de ma mère n’ont voulu de moi, seule la ville m’a accueilli en son sein à elle, cubique et confortable. Je ne suis rien d’autre qu’une forme trop pâle pour leur soleil,
cherchant de toutes ses forces à épouser les lignes des trottoirs et des avenues. Ce que je sais au fond. Peu de choses.
Je suis né sur une tache verte au milieu de l’océan, un caillou détaché de son roc, dans je ne sais quelle moiteur, je ne sais quelle pénombre teintée de secret et de honte.
Mon premier berceau fut, si j’en crois les autres, la bien nommée « Hell-Ville » ; mais mes souvenirs éclosent parmi les rumeurs citadines et les cache-nez en laine, cette année où je compris que la main qui m’habillait si
chaudement le matin n’était pas tout à fait celle de ma mère, ni celle de mon père la voix tour à tour bourrue ou réconfortante au creux de mon oreille.
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Contenu du reportage
complet
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